Journal de Marche N°9 – Du 27 août au 2 septembre 2017

Ces quelques jours de repos passés à Verdun et ses alentours m’ont permis de renouer avec un passé prégnant, marquant. Ces immensités de croix blanches dans ces lieux verts, paisibles, beaux, font naître une sensation qui bouleverse jusqu’aux os. “C’est un endroit où chante une rivière..” Par ces mots, Arthur Rimbaud écrivait un des plus beaux poèmes de tous les temps, décrivant dans la beauté d’un écrin de verdure étincelant de lumière toute l’horreur de la guerre, faucheuse d’une jeunesse qui n’a pas eu d’avenir. “Le dormeur du val” devrait être obligatoirement enseigné, si ce n’est pas le cas, afin d’offrir à nos enfants les moyens de résister aux “va-t-en guerre” en tous genres que notre société moderne produit. Des révolutionnaires qui veulent faire naître un chaos dont ils pourraient (espèrent-ils) tirer profit pour rétablir un processus dictatorial, que la démocratie leur refuse obstinément et opportunément aux fanatiques d’une guerre de civilisation, de cultures, de cultes, l’horreur habite la pensée de trop d’individus.

Notre devoir ne doit pas se limiter à rendre hommage à nos morts, il est de rester vigilants, soudés, déterminés, face à toutes les rechutes. Aux guerres ont succédé la Paix. L’Europe est née de la paix, pour la paix. L’Europe est un instrument de paix. La paix est la plus grande des richesses de ce monde. Elle seule garantie la liberté, les libertés, toutes les libertés.

En se rendant en Europe de l’Est afin de convaincre certains chefs d’États qu’il est nécessaire de ne plus créer de tentions sociales au sein de cet archipel de liberté, le Président de la République œuvre pour le maintien de la paix. Il sait que ces tensions lorsqu’elles ne sont pas apaisées deviennent des colères et que les colères sont comme les rivières qui débordent, rien si ce n’est le temps ne les font rentrer dans leurs lits. Les crues de l’automne pourraient être violentes nous disent les météorologues du petit écran encore tout aigris d’insurmontables défaites électorales. La majorité n’ayant pas voulu d’eux alors ils la “vomissent” pour reprendre l’expression de Henri Guaino, homme politique de la droite souverainiste et anti-européenne, qui voit la grandeur de la France dans son repli sur elle-même. Détruire ce qu’ils n’ont pas su conquérir ou chérir. Voilà l’oracle de tous ces révolutionnaires, insoumis, nationalistes, souverainistes. Déstabiliser ce monde en paix dans lequel ils ne trouvent leur place, celle qui nous met à leurs ordres. Prudents, vigilants, le meilleur afin d’échapper à ce flot boueux sera de prendre du recul, de la hauteur et de laisser le torrent de haine emporter tous les embâcles qui, au fond, provoquaient des stagnations.

Après la pluie, le beau temps.

Philippe Michel-Kleisbauer, à Fréjus, le 1er septembre 2017.