Journal de Marche N°83 – du 16 au 22 mars 2019

Journal de Marche N°83 – du 16 au 22 mars 2019

Après une fin de semaine passée sur le terrain avec nos militants à distribuer notre brochure et recueillir l’avis de nos concitoyens sur le Grand Débat National, notre groupe à l’Assemblée a abordé la semaine par un séminaire consacré à cette question.

Écologie, décentralisation, réforme des institutions et enfin la fiscalité ont été les points cardinaux de notre débat interne. Afin que chacun sache où est-ce que je me situe voici exposées mes positions sur le sujet :

L’écologie est une question de sécurité qui rejoint l’approche globale de la question sécuritaire et doit au même titre figurer au rang de priorité. Il nous appartient, à mon sens, d’avancer selon une méthode que je propose en trois volets.

Premièrement, appliquer immédiatement tous les changements simples de comportements compris et acceptés naturellement ou par convention par chacun.

Deuxièmement, avec pédagogie et force d’exemples, sans violences ni agressions physiques ou verbales, faire accepter, comprendre ou admettre à moyen terme la nécessité pour nous de rompre avec de vieilles habitudes bien installées mais devenues incompatibles avec la protection du monde vivant, afin de changer progressivement nos comportements.

Enfin, troisièmement, programmer sur une période planifiée et suffisamment large tous les changements en profondeur de nos modes de vie et de production afin que les processus d’investissements puissent se faire équitablement et sans déséquilibres provoquant d’autres dommages.

Sur la décentralisation et la réforme des institutions, mes idées sont très arrêtées depuis que j’ai pu faire l’analyse de mes années d’expérience d’élu local d’une commune de moins de quatre mille habitants et directeur de cabinet d’une ville classée de cinquante mille à cent cinquante mille habitants, tenue par un maire qui a été successivement conseiller régional et conseiller départemental.

Le niveau des dépenses en personnel dont les recrutements ne sont faits que très exceptionnellement par des commissions ou des jurys, les dépenses superfétatoires ou surévaluées notamment en matière de travaux publics, le cumul au travers des structures intercommunales ou d’économie mixte, tant de la part des élus que des hauts fonctionnaires territoriaux, et, enfin, les subventions aux associations, me permettent d’affirmer ici que les critiques émises par l’association des maires de France à l’encontre du gouvernement depuis sa mise en place relèvent d’une malhonnêteté intellectuelle certaine.

Aussi, sur cette question, je mobilise mes collègues sur la nécessité de rédiger en urgence un vrai statut de l’élu et qu’une indemnisation sincère et cohérente soit attribuée à tous avec un minimum décent et un maximum plafonné équivalent au plafond que nous proposons dans la haute fonction publique. Qu’il soit mis fin au cumul dans les structures intercommunales mais que cette interdiction du cumul soit aussi étendue aux hauts fonctionnaires territoriaux. Ces derniers cumulent en moyenne trois ou quatre fonctions. Cela libérera beaucoup de places pour tous ceux qui ont réussi leur concours et créera ainsi des emplois.

Cette interdiction du cumul doit bien entendu s’appliquer à la haute fonction publique à laquelle on doit aussi appliquer un plafonnement des rémunérations qui ne doit pas dépasser celle – actuelle – du Président de la République. Cette réforme statutaire doit s’accompagner d’une nouvelle répartition des pouvoirs avec une nouvelle vague de décentralisation accompagnée d’une réduction du nombre de tranches de collectivités (communes, intercommunalités, départements et régions), d’une déconcentration de l’exécutif sur le régalien et d’un renforcement des pouvoirs de contrôle et de nomination du parlement.

La fiscalité enfin, est la clé de voûte de cette «arche nationale» que nous devons cesser d’alourdir si nous ne voulons pas qu’elle s’effondre.

Cela veut dire que nous devons d’abord réduire la dépense publique : réduction du nombre de parlementaires, plafonnement des rémunérations du public et interdiction du cumul dans la fonction publique, dépenses sociales, emplois publics pouvant être dévolus au privé, chasse à l’absentéisme et aux abus commis contre notre système solidaire etc. Tout doit être passé au crible. À partir de là, il sera possible de diminuer la charge fiscale qui repose sur les français et les entreprises sans en créer de nouvelles.

Qu’il me soit donnée ici l’occasion de réaffirmer mon opposition à l’idée de taxer plus lourdement les successions ou le patrimoine des français ou de ceux qui aspirent à s’en constituer un. Car nos compatriotes ont tous le rêve de se constituer un patrimoine qu’ils pourraient transmettre à leurs enfants. Ne le brisons pas.

Au contraire même, la logique voudrait que nous sortions la résidence principale de l’impôt sur la fortune immobilière. Personnellement je le revendique. En revanche, je suis en phase avec la proposition de Jacqueline Gourault que toute personne dégageant un revenu sur notre territoire soit assujettie à l’impôt sur le revenu même à titre symbolique. Il en va de même évidement pour toutes les sociétés qui dégagent des bénéfices sur ou depuis notre territoire.

Ainsi voici brièvement exposé mes positions sur ces trois catégories de questions soulevées par le Grand Débat National désormais débattues au sein des groupes politiques de la majorité au Parlement.

Toutefois, que chacun soit prévenu ici que, pour ma part, la question sécuritaire globale reste la priorité absolue et qu’en son sein celle de la souveraineté stratégique et numérique n’est pas à débattre allant même jusqu’à faire partie de ceux qui pensent que la question de l’Intelligence Artificielle (IA) nous place face à des choix stratégiques aussi importants que ceux qui ont conduit le Général De Gaulle à engager et placer la France au cœur des puissances nucléaires. Cette décision, seule, justifie notre fauteuil lui aussi indiscutable au Conseil de Sécurité des Nations Unies, il nous appartient désormais de la consolider.

C’est avec cet état d’esprit que la «mission monde» de la session nationale de souveraineté numérique et de cybersécurité de L’IHEDN-INHESJ nous a conduit à Londres à la rencontre de nos partenaires stratégiques et représentants. Cette promotion composée de cadres brillants de la défense nationale, de la justice et de la police judiciaire, des directeurs et responsables de la sécurité informatique de certains des plus beaux fleurons de l’industrie française faisant partie des Organismes d’Interets Vitaux du pays et deux deux parlementaires, mon collègue Jean-Michel Mis et moi-même, ayant pour objectif de renforcer le corps naissant de doctrine hexagonale en matière de souveraineté numérique et de cybersécurité, comme de créer une cohésion parmis les acteurs principaux.

Ces questions, même si elles sont encore éloignées des préoccupations quotidiennes de nos compatriotes, n’en sont pas néanmoins dénuées du plus haut intérêt.
La question étant de savoir si les changements profonds que nous présenterons aux français à l’issue du grand débat sauront en tenir compte.

À suivre,