Journal de Marche N°30 – du 4 au 10 février 2018


Se retrouver au pied de l’Arc de Triomphe afin de participer au ravivage de la flamme sur la tombe du soldat inconnu permet de se sentir tout petit. Les drapeaux tendus par de courageux passeurs de mémoire claquent et renvoient un vent glacial d’humilité. Les enfants figés par la solennité de la cérémonie lui apportent la promesse de sa pérennité.

Le carré des sept autres inconnus qui reposent au cimetière du Faubourg Pavé à Verdun envahit mon esprit, avec lui, toutes celles et tous ceux qui depuis un siècle font de la Mémoire un devoir que nous respectons. Épaulés au quotidien par de passionnés administrateurs de l’ONAC-VG, ils nous permettent de ne pas oublier. Difficile aussi de juguler une « pensée étranglée » comme la nommerait Cioran par l’idée que nous allons donner au pays la Loi de Programmation Militaire la plus audacieuse qu’il n’ait jamais connu.

Evidemment il s’agit là de se doter d’une capacité à dissuader quiconque de vouloir agresser notre pays ou un allié auquel nous sommes unis par Traité ou par fraternité.

Rendue nécessaire dans une situation internationale toujours plus tendue, cette montée en puissance ne doit pas nous faire perdre de vue qu’il s’agit là d’une capacité décuplée à infliger la mort.

Cette association d’idées doit nous persuader que maintenir la paix partout dans le monde n’est donc pas une option mais bien une obligation. Que le recours à la force comme réponse à un conflit doit rester une exception. Qu’en toutes circonstances la diplomatie, la politique, doivent reprendre leur place dans le règlement des crises internationales. Que toutes les initiatives de coopération ou d’aide au développement concourent à une prévention utile, nécessaire, souhaitable.

Dans ce contexte le dérèglement climatique qui n’est autre qu’une réponse de la planète à l’agression permanente que nous lui faisons subir, devient une bonne raison d’unir nos efforts dans une démarche éminemment universelle. La lutte contre la faim et la grande pauvreté dans le monde aussi.

Ensemble continuons à nous protéger des grandes menaces sans perdre de vue l’essentiel.