Ma conception de l’administration d’une collectivité, qu’elle soit locale ou nationale, repose sur une vision globale et sur un temps long. Même si les nécessités de l’urgence appellent à la réactivité, celle-ci doit, pour moi, rester un mode d’action exceptionnel.
L’anticipation et la planification permettant à chacun de savoir, de comprendre et de s’inscrire dans le cours des évènements. La force qui naît d’une architecture pensée, analysée et des perspectives tracées offre une meilleure capacité de réaction dans une situation exceptionnelle, de crise.

Beaucoup (trop?) d’élus se placent dans la réaction à l’émission qu’ils partagent avec l’opinion. L’absence de réaction de ma part ou l’absence de l’expression d’une réaction de ma part à certains événements dans le grand concert collectif de ces émotions étalées ne veut pas dire que je n’en ai point. Cela veut dire que j’essaie toujours de garder mes distances et de rester insensible aux circonstances. Cette façon d’aborder chaque décision à prendre va me permettre de la remettre dans des perspectives long terme et de vérifier qu’elles s’y inscrivent vraiment.

C’est sur ces bases que j’avais proposées à la directrice du centre hospitalier intercommunal de l’Est Var et son adjoint de m’accompagner au ministère de la Santé au cours d’une réunion que j’avais sollicités pour défendre des investissements importants dans l’équilibre régional de la carte des soins.
Les dossiers que nous avons défendus avec sagesse s’inscrivent dans une logique que j’avais eu l’occasion de porter lorsque je n’étais qu’un collaborateur dans le début des années 2000. Nous avions à l’époque anticipé avec succès et intelligence un besoin en coronarographie et en oncologie qui permet à notre bassin charnière entre les Alpes Maritimes et les Bouches du Rhône, la Côte d’Azur et la Provence, d’apporter à une population toujours plus nombreuse de recevoir une offre de soins de très haute qualité. Quinze années après la fierté m’ habitait lorsque m’était donnée la possibilité de consolider ces investissements par une poursuite de cette logique et la programmation d’équipements qui permettront à cette région de rester en pointe dans le domaine médical pour les décennies à venir.

C’est avec la même énergie que j’ai commencé l’année en recevant à l’Assemblée nationale Philippe Béleval, le président du Centre des Monuments nationaux, pour évoquer avec lui cette ambition qui m’habite depuis longtemps d’exhumer le Port romain de Forum Julii.
Ce site portuaire romain est absolument unique en France et probablement la grande réserve archéologique de Méditerranée. Sa mise à jour et son classement au patrimoine de l’humanité seraient une perspective tellement plus belle que la dilapidation d’un patrimoine foncier et naturel à laquelle se livrent des élus du Front national incapables par nature comme par philosophie politique d’offrir autre chose qu’une vue court-termiste de l’avenir.

Préserver, protéger, renforcer, le patrimoine naturel et historique de nos territoires c’est s’inscrire dans la volonté de transmettre aux générations futures une richesse dont nous ne sommes pas les propriétaires, mais seulement dépositaires.
C’est nous inscrire dans une politique au long court qui dépasse nos existences.
Un moyen de renoncer plus facilement à tout ce qui au fond n’est pas si important.

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