Journal de Marche n°166 – Mai 2021

Journal de Marche n°166 – Mai 2021

Rien n’a plus d’importance dans mon combat républicain et démocrate que de trouver, épauler, faire grandir, celles et ceux qui sauront perpétuer cet engagement. Pauline Belhamani fait la fierté de ma contribution à assurer un avenir meilleur à nos valeurs (@PhilippeMichelK Twitter 27.05.21)

Car la crise démocratique dans laquelle nous continuons à nous enfoncer jours après jours est d’abord une crise de vocations.

La Politique m’a pris tout petit. Trop petit. À un âge où des parents doivent normalement vous consacrer plus de temps qu’à une lutte sans répit pour un candidat ou bien contre d’autres. Cela m’a au moins permis d’observer attentivement ce qui les accaparait et de fixer des frontières intangibles avec tout ce qui est excessif, outrancier, extrémiste.

Il a été évident pour moi de trouver un modèle parmi tous ces personnages d’une actualité faite de Guerre Froide, de prise d’otages et autres attentats pour la libération d’un territoire ou contre un peuple en fait (je ne sais pas au juste), de la quête universelle de la démocratie dans le monde menée par une magnifique nation qui faisait rêver alors même que quinze ans plus tôt elle avait assassiné son jeune Président que le monde entier continue à aimer. 

Libéral par construction, j’ai gardé un œil bienveillant envers ceux qui se sont préoccupés à protéger les plus faibles tout en refusant l’excuse ou l’auto-justification face à l’effort et le respect des règles.

L’autorité et l’ordre m’ont toujours paru indispensable afin d’assurer le respect des dites règles donc le respect des chances de chacun.

De Gaulle reste bien évidemment cette figure tutélaire d’une rigueur indispensable à celles et ceux auxquels il est possible de confier – en confiance – les rênes du pouvoir.

Malheureusement pour lui comme pour d’autres, il est difficile une fois disparu de « filtrer les entrées  » pour reprendre une expression que l’on doit à Régis Debray à l’occasion des obsèques du Président Jacques Chirac (« Du génie français  » collection blanche de Gallimard). Et le gaullisme a rapidement substitué son originelle promesse à un ordre républicain assuré à la garantie d’un ascenseur social ultra rapide pour des ambitieux dont les apparats du pouvoir étaient davantage le but recherché que son incarnation.

Avec leurs excès, ils ont fait naître leur opposition aussi ultime qu’eux. Puis ils se sont détestés. Cette détestation à pris le dessus sur tout, y compris les intérêts du pays, de la société qui le compose et le solidifie en Nation.

Alors à commencer à se construire cette voie du « Juste milieu » à laquelle j’ai immédiatement apporté ma contribution sans jamais cesser depuis. Élections après élections, j’ai soutenu nos candidats incarnateurs de cet idéal comme l’a toujours été François Bayrou, puis avec lui Emmanuel Macron, scrutin après scrutin j’ai mené campagne pour eux ou avec ceux qui me soutenaient, incarnant à mon tour  » des qualités rigoureusement indispensables pour échouer en politique « , dixit ceux qui éprouvaient de la compassion à mon égard ; la Fidélité, la Loyauté, le Respect.

Mais le chemin est encore long et escarpé, périlleux même pour le juste milieu dont on peine à trouver des êtres courageux pour l’emprunter.

Voilà pourquoi il est si important pour un responsable politique comme je m’efforce sans relâche d’être, de rechercher celles et ceux qui pourront emprunter le sentier de haute randonnée, celui des cimes dont De Gaulle disait qu’il était peu encombré.

Partout, sur tous les terrains, je me tourne vers les plus jeunes, mes cadets, mes benjamins. Dans les écoles, les collèges, les lycées, les universités. Sans oublier les mouvements des jeunesses politiques comme les JDem (Jeunes Démocrates)  que j’affectionne particulièrement. 

Partout essayer de leur donner la force de croire en leurs capacités et résister aux tentations de la vie publique. De leur offrir la possibilité de se forger une expérience jalonnée de quelques précieux conseils, eux aussi extraits d’une expérience de vie riche à souhaits. De ne pas les gâcher en les enfermant dans un sérail en les pressant à découvrir le monde, la vie, s’occuper de ce qu’il y a de plus précieux, leurs proches, leurs enfants…

Ainsi ils reviendront nous aider à nous relever si nous posons un genoux à terre ou prendre le relais lorsque la force nous aura abandonné, à moins qu’ils ne soient déjà et jusqu’au bout des compagnons sur Le Chemin.