Journal de Marche n°139 – du 30 mai au 6 juin 2020

Journal de Marche n°139 – du 30 mai au 6 juin 2020

Encore une semaine complète passée sur le terrain à recevoir ou aller à la rencontre de celles et ceux qui se battent pour rétablir les déséquilibres de notre société. Aux bénéfices de ceux qui ont du mal à y trouver leur place et s’enferment dans des addictions destructives, ou ceux qui prennent sur leur temps de travail le temps de défendre leurs collègues ou leur profession.

L’importance de ces moments de dialogue et d’échange c’est qu’ils permettent de remonter jusqu’au niveau de leur traitement les informations déterminantes dans le processus de prise de décision. C’est par exemple, ces contraintes physiques dans l’exercice des soins des orthoptistes, méconnues même de certaines Agences Régionales de Santé (ARS) dont, avec mon équipe, nous avons appuyé les demandes pendant et après le confinement. C’est le cas aussi des chauffeurs de Voiture de Transport avec Chauffeur (VTC) ou de taxis qui ne peuvent pas embarquer plus de trois personnes voyageant ensemble. Compréhensible pour des déplacements professionnels mais lorsqu’il s’agit d’une famille qui a vécu confinée ensemble ?

Toutes ces concertations sont donc importantes puisqu’elles permettent la remontée d’informations.

Mes visites sur les marchés aussi sont indispensables, au-delà de la proximité dans lesquelles elles me plongent, cela reste le plus bel exemple d’existence du « vivre ensemble « .

Ce vivre ensemble menacé toujours plus par une fracture sociale de plus en plus perceptible qui s’exprime aujourd’hui dans les rues à cause d’extrémistes qui profitent de l’émotion suscitée par de vrais drames pour plonger notre société dans le chaos, aidés dans leurs sombres entreprises par des puissances étrangères, toujours les mêmes, qui ont intérêt à ce que les démocraties s’effondrent afin d’étendre leurs zones d’influence.

Aujourd’hui c’est la Police qui se retrouve prise pour cible. Normal, car elle est le dernier rempart qui permet à la société pacifique et respectueuse des lois de la République de vivre en paix. Parce qu’elle empêche ou tente de le faire, ceux qui veulent vivre de larcins, de trafics, d’extorsion que seule l’exercice illégitime de la violence permet. 

Or, ces mêmes trafiquants, ces mêmes malfrats, ont bien compris qu’il suffisait d’attiser les haines et les émotions pour masquer leur fuite. Et là, la Police est victime du même effet que la Politique. Il suffit d’un petit nombre, mais par définition trop grand, de mauvais éléments, eux mêmes non exempts de tous reproches, pour qu’un amalgame soit fait et que tous se retrouvent dans le même sac.

Il est donc urgent que, comme notre majorité l’a fait en évitant des règles drastiques pour éviter toutes les dérives du passé et si elles arrivent encore soit automatiquement transmises au parquet financier, nous débarrassions cette institution de ceux qui n’y ont pas leur place. 

L’urgence d’un grand plan pluriannuel à l’image de la loi de programmation militaire (LPM) est urgente pour la Police. Peut-être même plus urgente que le plan pour les hôpitaux. Et je pèse ici mes mots. Car les hôpitaux souffrent quand ils sont en charges. Que ce soit lors d’une pandémie comme c’est le cas maintenant ou au quotidien lorsque -c’est vrai- trop de gens engorgent les urgences. Mais il reste des hôpitaux privés et des professionnels libéraux – très oubliés pendant la crise – pour venir alléger le fardeau. Or en matière de Police ce n’est pas possible. Nous ne pouvons pas confier les missions de police à des privés indépendants. Et par ce qu’elle protège la République et la Démocratie nuit et jour, face à une violence permanente et toujours plus forte, comme le font nos soldats contre les terroristes, nous devons aujourd’hui nous pencher sérieusement sur cette institution. La débarrasser comme je l’écrivais plus haut, de ses mauvais coucheurs mais réconforter tous ceux qui l’incarnent humblement et républicainement, c’est à dire la quasi totalité d’entre eux. Celles et ceux qui au quotidien se font insulter, attaquer au cocktail molotov ou au mortier – oui au mortier – par ce qu’il accomplissent la mission que nous leurs assignons; le respect des règles, le maintien de l’ordre.

Dans ce contexte, la mort d’un jeune homme est toujours douloureuse et insupportable. Nous avons donc un besoin urgent de démêler le vrai du faux, d’écarter de notre institution tous ceux qui ont des comportements racistes comme tous ceux qui ont des comportements religieux radicaux, donner aux autres tous les moyens dont ils ont besoin, d’être payés pour les heures qu’ils font, d’être tout simplement considérés.