Journal de Marche n°117 – du 20 décembre 2019 au 10 janvier 2020

Journal de Marche n°117 – du 20 décembre 2019 au 10 janvier 2020

La brutalité même répétée des uns ne doit pas faire oublier la menace perpétuelle des autres. Lorsque les États-Unis abattent loin de chez lui un Général qui mène une guerre sur un sol étranger, nous ne devons pas oublier que l’Iran n’est pas une Démocratie. Lorsque l’on découvre les états de services de ce guerrier, nous percevons un peu mieux cette complainte de nos amis africains selon laquelle le Tribunal Pénal International ne semblerait avoir été créé que pour juger certains de leurs congénères.

Ainsi dans ce moment chaotique des voix s’élèvent pour qualifier les États-Unis d’assassins, mais elles ne trouveraient de grâce à mes oreilles que si elles s’étaient aussi élevées il y a un mois lorsque le régime de Téhéran réprimait son peuple à balle de guerre dans ses propres rues. Il est peu probable que nous les entendions protester contre ces assassinats de gens qui ne voulaient que le droit de s’exprimer librement comme nous, comme je le fais à l’instant, non pas sans risque vu le nombre de politiques de mon pays qui se couchent face aux oppresseurs. Car il est certain qu’ils ne protesteront pas contre la destruction d’un avion de ligne par un missile iranien, du moins pas plus qu’ils ne l’ont fait lorsque le vol NH17 avait été abattu dans le ciel ukrainien depuis une position russe. Ils préfèrent désigner le monde de la parole libre comme coupable plutôt que ceux qui, sur leur sol comme sur le nôtre tentent d’achever la démocratie.

Vous l’aurez compris, je ne suis pas de leur bord. Même si notre système est loin d’être parfait, même si la corruption y fait des ravages, même s’il est insupportable d’écouter en boucle les ennemis de la démocratie vouloir obtenir par la révolution ce qu’ils n’ont pas réussi à imposer par les urnes, je le préfère à celui de tous ces pays, tenir les propos que sont les miens est impossible.

Lorsqu’il s’agit de condamner comme nous aimons le faire, n’oublions pas de regarder suffisamment loin pour voir à qui cela profite.

Ne nous trompons pas sur lequel de ces mondes est celui de la femme et de l’homme libres, lequel est celui des asservis.