Journal de Marche n°110 – du 2 au 8 novembre 2019

Journal de Marche n°110 – du 2 au 8 novembre 2019

La situation internationale se dégrade à une vitesse accélérée à cause de l’émergence de dirigeants politiques pour lesquels la démocratie n’est ni souhaitable, ni envisageable.

Alors, pour s’en prémunir, ils usent des vieilles méthodes de l’Union Soviétique à laquelle ils appartenaient ou étaient tous liés contre le Monde Libre. Manipulations des opinions, réseautage, lobbying, financement de partis politiques, corruption… 

Leur dessein est sans complexe élargir leur zone d’influence en s’appuyant sur des dirigeants à leurs bottes, peu regardants sur l’ingérence totale, qui sera la contrepartie de l’abandon de leur souveraineté. 

Leur appétit vorace les pousse à revisiter les frontières, à s’arranger avec la Vie pour éliminer les peuples qui, à leurs portes, les gênent.

C’est dans ce contexte que le président Turc Erdogan a lancé son offensive sur le peuple kurde. C’est ainsi que Poutine fait la guerre à l’aide d’unités militaires non régaliennes dans l’Est de l’Ukraine comme il l’avait fait en Géorgie. 

Pendant ce temps en France, il est des gens qui voient en ce dernier un homme puissant qu’il conviendrait d’admirer pour cette force, par lâcheté donc, oubliant les assassinats, les méthodes, qui empêchent toute contestation.

Nos voisins européens frontaliers comme les estoniens, les lituaniens, les lettons, les suédois ou les roumains savent ce que c’est de vivre avec une pression constante de ce voisin qui essaie de façon obsessionnelle de venir mettre un pied profondément enfoncé dans votre terre. Pour les protéger et faire reculer cette menace, il y a l’OTAN. Cette organisation internationale née pour protéger les démocraties dans le monde, les peuples qui veulent vivre libres. 

Car sans l’OTAN qui, fortement implantée sur la frontière Est de l’Europe, de la Baltique aux Balkans, assure la sécurité de l’Europe. Car l’Europe aujourd’hui n’est pas capable d’assurer sa propre sécurité. C’est ce qui a poussé le Président Macron à créer l’Initiative Européenne de Défense. Mais combien de temps avant que cela soit opérationnel, si cela est possible ?

Alors dans l’attente il y a l’OTAN pour assurer notre sécurité. L’OTAN c’est une armée sept fois plus nombreuse que la nôtre, deux fois plus nombreuse que l’armée russe par exemple. Avec les chiffres il est clair de comprendre que seuls, nous ne pensons rien. Car malgré l’effort colossal que la majorité à laquelle j’appartiens sous l’impulsion du Président, pour remettre notre armée à un niveau satisfaisant par temps de paix, nous sommes loin d’être en capacité de résister à une agression.

En clair sans l’OTAN aujourd’hui nous ne serions pas en sécurité. Se passer de l’OTAN c’est comme si nous roulions sans carrosserie et sans ceinture de sécurité. Nos vies seraient à la merci du moindre choc. 

Le problème vient du fait qu’ayant annoncé qu’il ne voulait plus payer pour la sécurité d’une Europe qui n’a de cesse de critiquer son pays, Trump a au fond envoyé à ces dirigeants dont je parlais plus haut le signal que l’Europe était livrée à sa fragilité intrinsèque. 

D’où l’affranchissement de Erdogan, d’où ces conflits qui vont naître très vite. 

Dans ce contexte, la solution est-elle de tenter de créer une union militaire européenne que nous n’avons pas su réaliser depuis le temps, ou bien de prendre plus de place, notre place, dans une structure existante, ayant fait ses preuves, laissant à la France un fauteuil vide dans lequel, seule elle, a la capacité de s’asseoir ?

Face à cette question, comme toujours, mon pragmatisme me pousse à privilégier ce qui marche, le concret plutôt que les chimères…