Journal de Marche N°76 – du 26 janvier au 1er février 2019

Publié par Philippe Michel-Kleisbauer le

Ce vendredi matin nous ne sommes pas nombreux en hémicycle à l’heure de l’ouverture des débats sur la loi “anti-casseurs”, et pourtant, ceux qui sont là n’en tireront aucun bénéfice.

D’abord, parce que ceux qui verront les images garderont à l’esprit un hémicycle vide malgré notre présence.

Ensuite, parce que des sites internet qui font ouvertement le jeu d’un antiparlementarisme à contre sens de l’histoire vont faire la promotion des interventions des oppositions au détriment du travail de fond des membres de la majorité. Car, comme je l’avais déjà expliqué, la présence en séance n’est pas comptabilisée et lorsque vous appartenez à la majorité vous ne prenez pas inutilement la parole contre le gouvernement ou ne déposez pas des amendements sur votre propre texte.

Par ailleurs, ces sites ne tiennent ni compte des travaux réels faits en commission comme les centaines d’heures d’auditions accomplies par les rapporteurs comme cela est par exemple le cas dans le cadre de ma mission budgétaire pour les anciens combattants.

Les rapports que nous produisons (une centaine de pages en ce qui me concerne) ne sont pas davantage pris en compte. Pas plus que nos travaux dans les assemblées dans lesquelles nous sommes délégués; Assemblée Parlementaire de l’OTAN ou Conseil d’Administration de la Fondation de la Résistance.

Le sont encore moins les participations aux autres commissions comme celle des Affaires Étrangères en ce qui me concerne. Ne cherchez pas non plus dans ces sites de classement le travail fait lors de missions d’information parlementaire comme celle sur les «événements climatiques majeurs» qui nous a occupé quelques uns sur plusieurs mois. Idem pour les travaux approfondis des groupes d’études comme celui de la cybersécurité et de la souveraineté numérique que nous venons de mettre en place.

À cela, rajoutez-y le long déplacement que certains d’entre nous doivent faire pour rentrer en circonscription (5h30 en train porte-à-porte pour ma part), pendant lequel ils ne sont ni à un endroit ni à l’autre.

Malgré tout cela ils seront la cible de ces sites, comme de ceux qui, sur le terrain, leur reprocheront à la fois et en même temps de ne pas être «au four et au moulin».

Ces contradictions font partie de la beauté du mandat pour ceux qui s’y consacrent avec tout leur cœur et n’arrêtent pas, ceux qui ont décidé de conduire jusqu’au bout le programme pour lequel ils ont été élus.

Elles nécessitent juste une vigilance d’esprit de la part des observateurs et la nécessité de fermer la porte aux démagogues qui, en tentant de faire leur lit politique sur de telles contre-vérités, massacrent la confiance des citoyens en nos institutions, en la démocratie, en notre République.

Catégories : Journaux de Marche